Les petits poèmes au milieu des légumes du marché, accrochés sur des murs comme par hasard, ou bien sur les sièges du métro, dans les rayons du supermarchés, ou caché sous une pile de livres dans une librairie et, mieux encore : là, ici, dans l'anonymat du Grand Tout, si je puis me permettre, mes non-lecteurs qui se bousculent pour arracher les boutons brillants de ma chemise.

Le poème cherche de l'argent pour s'imprimer en manuscrits et pour se relier

Le poème cherche des sous pour s'envoyer par la Poste

Puis le poème en veux encore pour envoyer une enveloppe avec un timbre à la maison d'édition qui le retournera à la maison douillette si les autres maisons ont le temps de ne pas le lire.

Le poème remettra une pièce dans la cagnotte jusqu'à ce que mort s'en suive,et puis pouf pouf, y'en a plus

Alors, le poème se promène avec son bonhomme et se dépose sous des yeux inconnus. Et alors on peut se dire que c'est là, finalement, toute sa gloire

Oui, c'est là son unique but de sa vie de poème : libre et gratuit dans sa cité qui bouge.

 

Note : qui me donne des poèmes pour cette page doit savoir qu'ils seront diffusés sur papier et déposés de temps en temps là où je serai, dans un cache-pot, sur un poteau électrique, sur la gondole d'un magasin, sur le fauteuil d'un cinéma, etc.

 

Note n°2 : cette page est horrible pour l'oeil. Il va falloir que je fasse un effort, bordel. Si quelqu'un a le temps de me filer un coup de main pour ça...

 

Le métro

 

Très en face, les yeux droits, crispé dans l’attente

Les stations qui défilent en crissant, uniformes

Striées par la vitesse, le costume endigué

Dans la pâleur matinale, comme s’il y pensait,

 

Ailleurs dans la région supérieure de sa vie

Une belle femme qui surgit, pressée dans son livre

Un gamin qui se bouche dans son manteau

Et bientôt qui arrive, qui part. Sait-on

 

A sa place qu’il défend, voir sans regarder

Entendre le frissonnement de jupe

Le chuintement des rails, une idée du soir

 

Déboucher son entre soi personnel, protéger

L’ambiance, la passion corollaire de sa place libre

Libre de partir, guidé par la machine naturelle